mardi 21 novembre 2017

à YASMINE






Cette peinture virtuelle portant 
"chapeau de bambou" pour titre, 
que j'ai réalisée hier, 
je la dédie à ma fille YASMINE, 
hospitalisée aujourd'hui 
au CHU Frantz Fanon de Blida




jeudi 16 novembre 2017

Farid Khodja en concert à Notre Dame d'Afrique





Jeudi 16 novembre en soirée, à la Basilique de Notre Dame d'Afrique, Farid Khodja et son orchestre venus de Blida ont offert un brillant concert de musique andalouse à un public nombreux et enthousiaste...
























Avec Farid Khodja, venu lui aussi de Blida, le peintre Denis Martinez créateur de la jaquette du dernier CD du chanteur et son orchestre




©Abderrahmane Djelfaoui pour les photographies


vendredi 10 novembre 2017

Hier après midi chez Denis MARTINEZ


Trois quart d'heure d'autoroute Alger-Blida et nous sommes rendus ma fille Yasmine et moi chez Denis et Dominique. 
Couleurs et bonne humeur dés l'entrée , 
- graffiti au mur d'amis peintres dont Larbi Arezki (que j'avais rencontré la veille à Sidi Rezzoug...)


Denis est franchement amusé par l'idée de Yasmine d'avoir préparé un gateau (une besboussa) et de l'avoir ramené en partage...
Et la discussion de s'enclencher sur Khouz tounès, d'abord, pour se poursuivre par le voyage retour de Tizi que Denis avait fait il y a quelques jours dans le véhicule de Lotfi Khouatmi qui n'avait cessé de parler art culinaire milianais!



Quant à moi c'est la lumière sur l'Atlas blidéen qui me fascine... Je ne peux me refréner de prendre, assis,  plusieurs photos par la fenêtre largement ouverte... Et de raconter à Denis et Dominique une partie de mon été où j'ai assisté à des feux de forets sur les flancs du massif de l'Edough...
Et ces premières histoires  de nous amener (je ne sais comment...), à discuter et échanger longuement sur l'histoire millénaire du pays: d'Hannibal et ses légions d'Ibères, de Gaulois et cavaliers Numides traversant les montagnes savoyardes enneigées; de certains Raïs de la marine du Dey d'Alger originaires de Hollande; des Andalous venus s'installer jusqu'à Blida dont Denis cite quelques noms de familles, comme il cite certains originaires de Crète ou des Balkans; des noms berbères des villes et villages de l'ouest algérien jusqu'à Béchar et au-delà; des peintures rupestres de la région de Djelfa dégradées; d'une gravure de Salah HIOUN représentant un bélier avec des cornes enroulées quand Salah était élève à l'école des beaux arts dans les années 60 et que Denis y enseignait avec Mesli, etc...


Halte pour se servir thé et café avec une bonne tranche de Bessboussa...



Compliments...


... et Plaisir....


Puis nous passons à la chambre de travail, l'atelier de Denis où il me montre son dernier né sur papier fait au café m'expliquant la fonction de profondeur des points blancs...




Et de m'offrir le dixième numéro de ses Auto-éditions  "La Fenêtre du vent" qu'il réalise depuis le premier numéro dans sa formule d'une seule feuille recto-verso (imprimable) diffusée par mail à tous ses amis...
Ce dernier numéro est consacré à un de ses textes poétiques : LE TRAIT A PEUR...






Oui: "RÉAPPRENDRE A MARCHER SANS CESSE"...

Je suis étonné que l’après midi ait passé si vite en anecdotes sur les jeunes du quartier avec qui Denis discute, en réflexions sur des questions d'expos, Mamo, Mama, Musée national des beaux arts, projets d'écriture, publications, souvenirs d'enfance à Thessala et j'en passe!..


Nous disons au-revoir et quittons à regret Dominique et Denis pour reprendre, sous la pluie, la route de retour vers notre banlieue d'Alger. Je me promets de garder bonne note de ces moments pertinents et beaux parce que tout simplement humains et chaleureux.


©Abderrahmane Djelfaoui, pour les photographies.






jeudi 9 novembre 2017

Séraidi

Du désert à Séraidi



nous allons d’infinie mémoire
en à venir navigations

des immensités  de la désolation
aux ventres vagues du monde

des sables du désert
aux plages de la Méditerranée


*

les centaines de kilomètres finis
nous voilà en hauteurs de chênes-lièges
onde feuillue de silences

le vent a si bien nettoyé
la nuit
le monde
qu’un coq
en émerge seul

roulement
d’où on se demande
quelle inconnue il enfante
au déshabillé des arbres

comme au chevet d’un aboiement
lointain



©Abderrahmane Djelfaoui, texte et photographies

Poème extrait de mon recueil "Seraidi", 
dédicacé à Fouzia et Karim M.

dimanche 5 novembre 2017

Mémoire humaniste : expo, projection et dédicaces en l’honneur de Novembre

Des dizaines de photographies en noir et blanc de la période de 1958 à 1963 prises par Mohamed Kouaci  (1922-1996) ont été exposées samedi 4 novembre à l’espace Caritas de la Maison diocésaine à Alger. Préparée par des femmes bénévoles travaillant au profit de l’œuvre médicale et humanitaire de Dar El Ikram (qui prend en charge des malades d’Alzheimer), l’exposition a été ouverte par Safia Kouaci. 


Responsable du service photo du Ministère de l’information du GPRA à Tunis, Mohamed Kouaci « était un photographe, que son engagement a amené à voir et comprendre certains aspects de la guerre de libération à laquelle, par l’image, il participait », écrivait de lui Pierre Chaulet qui fut responsable du journal El Moudjahid

Section de l’ALN en prière

Moudjahidates



Frantz Fanon, ambassadeur du GPRA et auteur de « Les damnés de la terre » 
et de « L »an V de la révolution »




La manifestation s’est poursuivie dans le recueillement par la projection d’un film documentaire : « Barrage de Beni Behdel. Sous les eaux, un centre de torture ».  Ce film aux belles images poignantes et généreuses est l’œuvre du réalisateur mostaganémois Mostefa Abderrahmane.  Il s’ouvre des les premières  minutes de projections par ces mots de commentaire de son ateur :
« Au mois d’octobre 2012, alors que je faisais un reportage sur les camps de concentration de la période coloniale française, à Skikda, précisément dans le massif de Collo, j’ai appris, par voie de presse, l’existence d’un centre de torture unique en son genre en Algérie, se trouvant dans les environs de Tlemcen 
De Skikda, l’idée est venue d’organiser une randonnée pour un groupe de jeunes de Mostaganem, passionnés de photographie, pour découvrir le barrage de Beni Behdel, site historique méconnu pour la plupart d’entre nous, situé à Bni Snouss, région aux mille martyrs qui a payé un lourd tribut lors de la guerre de libération nationale pour que vive l’Algérie»…


Détail d’une carte de l’époque coloniale avec le nom de « Beni Badhel » au lieu de Beni Behdel…

Le débat sur le film, rehaussé par la présence de musicien Mustapha Sahnoun, membre de la Troupe du FL N à Tunis, de mesdames Abderrahim (secrétaire de Saad Dahlab , Ministre des affaires étrangères dans le dernier gouvernement du GPRA) et Myriam Ben Bella permit des bribes témoignages inédits sur la lutte de libération ainsi que sa caractérisation de mouvement  humaniste et pleinement universaliste.
La séance se poursuivit naturellement par une présentation de la vie et de l’itinéraire d’Anna Gréki, poétesse et révolutionnaire née à Batna, dans les Aurés en 1931 et décédée à l’âge de 35 ans à Alger en 1966…

Lounis Ait Aoudia, Président de l’Association des amis de la Rampe Louni Arezki, Casbah

Lounis Ait Aoudia se référant à certaines des photographies exposées (présentes dans le débat au même titre que les spectatrices pour la plupart), relate des anecdotes de son adolescence vécues le 3 juillet 1962, place du Gouvernement, aujourd’hui place des Martyrs. Dont celle d’un garçon de 16 qui sort de la foule compacte qui vibre sur la place pour monter sur le socle de la statue du duc d’Orléans, monter sur son cheval de bronze et y arrimée un drapeau algérien  de victoire plus grand que la statue elle-même… 


J’imagine Anna Gréki (Colette Melki de son nom de femme mariée) à Alger lors de ces jours de liesse populaire, dans les rues parmi le peuple ; elle qui en ce juillet 62 écrit un poème inoubliable intitulé EL HOURIA :

« …Hors de la matrice énorme de la guerre
Tu nais dans un soleil de cris et de mains nues
Prodiguant des juillets moissonneurs et debout

« Nos morts qui t’ont rêvée se comptent par milliers
Un seul aurait suffit pour que je me rappelle
Le tracé du chemin qui mène au bonheur…

… Le ciel indépendant ne parle qu’au futur
Il nous reste à présent l’énergie de l’espoir

Je t’aime Liberté comme j’aime mon fils »

Madame Myriam Ben Bella demandant sa dédicace
Une médecin d’hôpital découvreuse d’histoire et de poésie

Une partie de la chaine des bénévoles humanitaires, hier, aujourd’hui et plus encore demain…





©Abderrahmane Djelfaoui


vendredi 3 novembre 2017

LETTRE-TEMOIGNAGE DE PARIS SUR ANNA GREKI



C’est à l’occasion du Salon International du Livre de Paris (Porte de Versailles du 24 au 27 mars 2017) que j’ai rencontré l’amie Yasmina-Karima Bennini .

En fait, c’est une autre amie commune, Nora Maidi Kasse de Djelfa ,  enseignante et poétesse qui nous avait mis en relation à partir des belles et odorantes steppes d’Algérie où elle vit et écrit…

Avec  Yasmina-Karima Bennini au stand ALGERIE où je dédicaçais mon ouvrage
: « Anna Gréki, les mots d’amour, les mots de guerre » paru aux éditions Casbah.
(Selfie : Abderrahmane Djelfaoui)




Les souvenirs retrouvés, Yasmina-Karima BENNINI m’a écrit cette lettre :

Cher ami,

À l'heure où l'on ose débaptiser des rues qui portent les noms de valeureux combattants pour l'indépendance algérienne, au prétexte que n’être pas Algérien de souche ou musulman, rendrait inéligible au martyr, un ouvrage récent, entre autres, sauve la face à sa belle manière, la tienne, cher Abderrahmane Djelfaoui…
"Mazal El kheïr fi bladna" *, puisque des pétitionnaires en faveur de la réhabilitation du nom de la rue Fernand Iveton à Oran par exemple, à force d’ardeur et de détermination, ont eu gain de cause. Toi Abderahmane tu as de ton côté joué ta partition et rappelé Anna Greki, l'héroïne de guerre et la poétesse, à la Mémoire vive des Algériens, en signant "Anna Greki, Les mots d’Amour, Les mots de guerre ...". 

Portrait d'Anna Gréki dessiné par le peintre algérien Denis Martinez

Tu as minutieusement et patiemment récolté documents et témoignages, redonnant vie et voix à la si discrète et belle Anna, précocement disparue. D’elle, tu nous apprends de nombreuses et précieuses bribes de son vécu auprès de cette incroyable cohorte d’amies, activistes codétenues et pour certaines, torturées comme elle. Des braves telles la chanteuse Fadéla Dziria, Jacqueline Gueroudj et Louisette Ighilahriz l’auront reconnue comme l’une des leurs. Les conditions de détention, la torture et les jours sans fin sont un terreau propice aux adoptions plénières et aux sororités auxquelles, la mort elle-même peine à mettre un terme.

Le microcosme des Lettres et des Arts, dont Yacine, Haddad, Amrani, Issiakhem et Lacheraf et tant d’autres, lui aussi aura su reconnaitre en Anna Gréki sa qualité de pair, poétesse courageuse, sensible et forte, apte à construire à leurs côtés, le storytelling de notre imaginaire de toute jeune Nation. Alors oui, il est bon qu’en Algérie et au-delà des frontières, nous puissions mieux connaitre le parcours de vie, les combats, la passion et l’œuvre poétique d’Anna Greki et de tant d’autres artisans de nos valeurs et notre légitime fierté de creuset patriotique.


Iveton et Greki doivent figurer au panthéon de nos héros conscients et assumés, ils sont des Justes qui ont quitté leurs postures naturelles et leurs zones de confort, leurs appartenances originelles. Célébrons-les collectivement et loyalement et confirmons-les sur tous les canaux et supports comme nos héros historiques dans notre quête légitime et universelle de liberté, de dignité et de justice, sans chauvinisme ni partialité. Notre Histoire n’est pas consanguine, N’avons-nous pas puisé encore plus de vigueur et de détermination dans l’exemplaire élan libérateur des Vietnamiens et n’avons-nous pas été nous-mêmes, une salvatrice source d’inspiration pour bien des peuples?! En cela, notre Histoire contemporaine, pour ne parler que de celle-ci, portait dès le début dans son ADN les marqueurs éclatants de l’universalité. 

Claudine Lacascade, compagne de combat et de cellule à Serkadji d’Anna Gréki 
Un témoin à qui je dois beaucoup dans l'écriture de mon ouvrage
(photo : Rachid Khadda)

Anna Greki la femme, le livre et les figures féminines qui le traversent, font de cet ouvrage un plaidoyer qui s’ignore peut-être, pour la reconnaissance (débarrassée des archaïsmes patriarcaux) du Genre et des origines des parties prenantes de l’épopée Algérienne. Pour toutes ces raisons, ta démarche est résolument universelle, féministe et restaure certains aspects de nos oublis et dénis collectifs. Très cordialement.

Yasmina-Karima Bennini
Paris XV

*Le bien subsiste dans notre pays.



… Tu me garderas mon pays
comme le sage tiens sa langue
comme la terre tient ses corps
et leur promesse de saisons…

Anna Gréki
Bône 1956
(Algérie capitale Alger)




Anna Gréki